Fiscalité et cotisations sociales du télétravail pour un résident suisse employé à l'étranger
Mis à jour en 2026 — sources : Office fédéral des assurances sociales (OFAS/BSV), caisses de compensation AVS cantonales (Ocas, AVS Vaud), ch.ch, Confédération suisse
Cet article complète notre page sur le télétravail depuis la Suisse pour un employeur étranger. Il se concentre sur un point précis : que se passe-t-il, du point de vue des cotisations sociales et de la fiscalité, quand une personne domiciliée en Suisse travaille en télétravail pour une entreprise qui n'a aucun établissement en Suisse ?
« Salarié·e sans employeur tenu de cotiser » — c'est le statut administratif suisse qui s'applique quand une personne travaille depuis la Suisse pour un employeur établi à l'étranger, sans siège ni établissement stable en Suisse (source : caisses de compensation AVS cantonales, OFAS). Ce statut est au cœur de tout ce qui suit.
Cotisations sociales et fiscalité, côte à côte
Ce sont deux questions distinctes, souvent confondues. Voici ce que chacune implique concrètement pour un résident en télétravail avec un employeur étranger sans établissement en Suisse :
Cotisations sociales (AVS/AI/APG)
Un employeur sans établissement en Suisse n'est pas tenu de cotiser aux assurances sociales suisses. C'est donc à vous de vous affilier volontairement, en tant qu'ANobAG, auprès de la caisse de compensation cantonale de votre domicile.
Vous payez alors les deux parts normalement réparties entre salarié et employeur (AVS/AI/APG, chômage, allocations familiales), calculées sur votre revenu déclaré.
Fiscalité (impôt sur le revenu)
Sans permis d'établissement (C), la plupart des résidents étrangers en Suisse sont imposés à la source, normalement prélevé par l'employeur. Un employeur étranger ne pouvant pas toujours effectuer ce prélèvement, une déclaration d'impôt ordinaire peut être requise.
Les citoyens suisses et les titulaires d'un permis C sont, eux, imposés selon la procédure ordinaire dans tous les cas, comme pour n'importe quel autre revenu.
Une option pour l'employeur : partager la charge
Pour les employeurs basés dans l'UE ou l'AELE, une alternative existe : l'employeur et le salarié peuvent convenir que ce dernier effectue lui-même les démarches de cotisation, à condition que l'employeur lui verse sa propre part patronale en plus du salaire (source : OFAS). L'employeur reste juridiquement responsable du paiement, même dans cet arrangement.
Ce que cela change selon votre statut de résidence
Citoyenneté suisse ou permis C
Imposition ordinaire dans tous les cas, comme pour un salaire suisse classique. Le statut ANobAG s'applique de la même façon pour les cotisations sociales, indépendamment de la nationalité.
Permis B ou autre statut
Généralement soumis à l'impôt à la source, sauf lorsque l'employeur est domicilié à l'étranger et ne peut pas effectuer la retenue — une déclaration ordinaire peut alors s'appliquer selon le canton.
Ce contenu explique le cadre général applicable au télétravail avec un employeur sans établissement en Suisse. Il ne couvre pas les règles spécifiques aux travailleurs frontaliers, qui relèvent d'accords bilatéraux distincts. Chaque situation dépend de votre canton, votre nationalité et les termes de votre contrat : faites vérifier votre cas par une fiduciaire ou un⋅e avocat⋅e spécialisé⋅e avant de vous engager.
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